Un peu d’histoire

Les premiers corps d’arbalétriers ont dû apparaître, à Bruxelles, au début du XIIe siècle au sein même des métiers et des Nations pour défendre leurs caravanes de marchandises. Il semble aussi qu’un peloton d’arbalétriers ait été créé par le Châtelain de Bruxelles qui le mit à la disposition des Comtes de Louvain pour leurs batailles contre les armées liégeoises et flamandes.

 

À la fin du XIVe siècle, lorsque les Nations vont revendiquer une part du pouvoir municipal et qu’il leur sera demandé, en échange, de participer à la défense de la ville, l’obligation de constituer des corps armés s’imposera.

C’est ainsi que le 4 mai 1381, les Ducs de Brabant Jeanne et Wenceslas vont organiser les deux premières Gildes militaires, celle des Arbalétriers – appelée la Grande Gilde - et celle des Archers. Quelques années plus tard, sans que la date puisse être certifiée, le nombre d’Arbalétriers amena à la création d’une troisième Gilde, celle des Arbalétriers de Saint-Georges. Ce n’est qu’au siècle suivant que les deux derniers Serments furent institués, celui des Arquebusiers et celui des Escrimeurs. Notre Serment s’est reconstitué, au début du XIXe siècle, à partir de groupes d’Arbalétriers venant, pour certains, des Serments de l’Ancien Régime, abolis par l’occupant français le 9 Vendémiaire an IV (1er octobre 1795), ce qui explique son nom double.

Bien avant l’officialisation de leur existence par leurs suzerains, les Arbalétriers avaient gagné un prestige très important dans la cité, en témoigne la cession de terrain que leur fit l’Hôpital Saint-Jean en 1304. L’Hôpital se trouvait le long de l’actuelle Rue de l’Hôpital, mais disposait, au-dessus du Sablon, d’un terrain occupé par son cimetière, le leg aux Arbalétriers consistait en une bande de terre qui longeait ce cimetière devenu le Petit Sablon, où la Gilde devrait édifier une chapelle dédiée à la mère du Christ.

 

Quelques années plus tard, en 1348, le père de Jeanne, le Duc Jean III confia aux Arbalétriers une statue miraculeuse qui arrivait d’Anvers, c’est en l’honneur de ce précieux objet – Notre-Dame à la Branche - que les Arbalétriers construisirent la magnifique église gothique de Notre-Dame au Sablon. Si vous la visitez, vous y trouverez de nombreux témoignages des liens qui unissent notre Serment avec l’édifice.

La Légende de Notre-Dame à la Branche

Au XVe siècle un moine du Rouge-Cloître raconta la « véritable » histoire de cette statue venue d’Anvers.

Une pauvre Bruxelloise (à l’origine, il s’agissait d’une Anversoise, mais depuis le XXe siècle, on dit qu’elle est Bruxelloise) du nom de Béatrice Soetkens lavait son linge dans la Senne lorsqu’elle entendit la voix de Dieu (ou de Marie) qui lui ordonna de se rendre à Anvers pour y dérober une statue miraculeuse de la Vierge.

Pour ce faire, elle devait demander à son mari de l’y conduire en barque.

Après avoir embarqué la fameuse statue, le couple ramena le précieux objet à Bruxelles où la Vierge fut accueillie par le Duc lui-même qui la confia aux Arbalétriers, à charge, pour eux, de lui construire une chapelle digne de sa valeur.

 

Dans l’église du Sablon, cette légende est présente partout, dans la statuaire, sur les vitraux, gravée sur une plaque votive, sur un bas-relief au-dessus de l’autel de la Vierge à la Branche… mais surtout sous la forme d’une barque grandeur nature, suspendue dans le transept droit, offerte à l’église par le médecin personnel de Charles Quint

Chaque année, le dimanche qui suivait l’Ascension, les Compagnons se mesuraient en tentant de décrocher le papegay suspendu au clocheton de leur église (haut de 36m qui est toujours la hauteur de nos perches lorsque nous tirons au papegay) et c’est dans l’église que nos Roys recevaient les insignes de leur charge des mains du clergé, ensuite, les compagnons sortaient la statue en procession autour de leur église et terminaient par un banquet que le Bourgmestre leur offrait dans leur salle capitulaire située au premier étage de la Maison du Roi.

 

Aujourd’hui encore, nous nous réunissons dans l’église Notre-Dame au Sablon, le samedi qui suit l’Ascension, pour une messe anniversaire de notre Gilde, pour recevoir le serment de nos nouveaux Compagnons devant un Représentant du Roi et pour remettre à nos Roys (nous en avons quatre désormais, voir à ce propos la section « Tir ») leur collier. Ensuite, nous organisons toujours le traditionnel banquet de la Gilde.

 

Pendant des siècles, nos prédécesseurs ont protégé la ville, en montant la garde aux différentes portes de la cité, à l’entrée de l’Hôtel de Ville, autour de la demeure du Châtelain et même aux portes du Coudenberg lorsque les Ducs y installèrent leur demeure principale.

Les Serments ont ainsi acquis un prestige immense dont nos princes tentèrent toujours de jouir en partie. La plupart d’entre eux vinrent se mesurer à nos champions pour gagner le titre envié de Roy du Serment des Arbalétriers. Ce fut le cas de Charles Quint en 1509, puis, de sa petite-fille, Isabelle qui décrocha le papegay le 15 mai 1615.

C’est en l’honneur de cet événement que le Serment organisa un magnifique Ommegang, que l’on appela « Le Triomphe d’Isabelle ».

 

La Ville ne fut pas en reste, elle céda aux Serments des terrains d’entraînement le long de l’enceinte. Celui du Grand Serment se situait derrière la courtine qui reliait le Coudenberg à la Porte du Treurenberg, sous l’actuel Palais des Beaux-Arts. Celui des Arbalétriers de Saint-Georges se situait devant la courtine qui descendait de la Steenpoort vers la Senne, le long de l’actuelle Rue des Alexiens, raison pour laquelle l’école qui s’est installée à cet endroit, a pris le nom de Sint-Joris Collège.

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Jusqu’à la Révolution française, longtemps après que l’Arbalète a déserté les champs de bataille, les Arbalétriers continuèrent à jouer un rôle de surveillance urbaine à Bruxelles et conservèrent de nombreux privilèges, s’imposant cependant de perpétuer le tir séculaire à l’Arbalète sous forme sportive. C’est ainsi que notre Gilde fonctionne toujours aujourd’hui.

 

​Le 11 juillet 1927, le Roi Albert 1er signa un acte, préparé par l’archiviste de la ville de Bruxelles, M. Guillaume Des Marez, contresigné par le Bourgmestre Adolphe Max qui établit la filiation de notre Serment avec ses deux prestigieux prédécesseurs. La vérité historique, difficile à établir cependant (les Français n’ont pas volé que nos œuvres d’art, ils ont également détruit nombre de nos archives), veut que les deux Serments actuels d’Arbalétriers soient héritiers du Grand Serment, nos confrères étant en outre les héritiers des Arquebusiers et nous des Arbalétriers de Saint-Georges.

 

Au début des années ’20, le Serment voulut commémorer dignement ses 550 ans (en 1931), dans ce cadre, il décida de reconstituer l'Ommegang, la grande procession qu’il organisa durant tout l’Ancien Régime et quelques fois au XIXe siècle. Mais les Arbalétriers n’étaient qu’une trentaine, difficile de reconstituer le cortège dans ces conditions.

Ils trouvèrent un premier soutien en la personne du Vicaire l’église du Sablon, l’Abbé Desmet, qui les introduisit auprès du Collège de la Ville qui cherchait, lui, à fêter dignement le centenaire de la Belgique. C’est pourquoi cet événement qui mettait les Arbalétriers à l’honneur, fut quand même organisé en 1930.

 

Depuis, chaque année, nous défilons aux côtés des quatre autres Serments au sein de l’Ommegang organisé désormais le premier mercredi et le premier vendredi de juillet. Une autre occasion de venir nous voir.

Quel est le lien du Serment avec l’Ommegang

Nous vous avons expliqué ci-dessus le déroulement de la Journée des Roys.

À l’issue de la messe qui leur était consacrée, les compagnons sortaient leur statue miraculeuse sur un pavois et faisaient le tour de l’église en procession.

Et « aller autour » en vieux flamand se dit « omme gaan ».

 

L’Ommegang était donc la procession annuelle des Arbalétriers. Petit à petit le trajet et la fonction sociale du cortège changea. Très vite, le défilé se termina sur la Grand-Place devant la Maison du Roi où les Arbalétriers tenaient leur banquet. La plupart des corps constitués de la ville, les ordres religieux, les édiles communaux, les grandes familles voulurent avoir leur place dans le cortège qui prit des dimensions extraordinaires, qui devint le plus important de la ville.

 

Lorsque Charles Quint revint à Bruxelles, en 1549, pour présenter au peuple des Pays-Bas, son fils, le futur Philippe II, la ville demanda aux Arbalétriers d’organiser un Ommegang extraordinaire pour éblouir la Cour impériale. C’est cet Ommegang que nous tentons de reproduire au mieux, chaque année, début juillet.

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